lundi 12 juin 2017

Pétition Japon


Actuellement, aucune protection contre les discriminations en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre n’existe au Japon. Les déclarations publiques des responsables politiques encouragent ces discriminations. De plus, le changement d’état civil n’est possible qu’en remplissant des critères qui violent les droits humains (stérilisation, chirurgie de réassignation sexuelle, célibat). 
Il ne s’agit pas de demander la création de nouveau droits pour les personnes LGBTI (Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Trans, Intersexes) mais bien que les personnes LGBTI puissent jouir de leurs droits fondamentaux sans discrimination.

Pour signer la pétition, cliquez ici

mercredi 7 juin 2017

Article Amnesty Tchétchénie

AMNESTY INTERNATIONAL
ARTICLE

AILRC-FR
30 mai 2017
« Il n’y a plus aucun salut » – Les gays de Tchétchénie doivent être protégés de toute urgence

Cela fait deux mois que le quotidien russe indépendant Novaya Gazeta a publié des informations indiquant que les autorités de la Tchétchénie arrêtaient, torturaient et même tuaient des hommes gays dans le cadre d’une campagne déplorable visant à purger cette république des personnes ayant une « orientation non traditionnelle ».  

Pour le reste du monde, cette nouvelle a été un choc. Pour la population homosexuelle de Tchétchénie, les récents événements représentent une escalade terrifiante de l’homophobie profondément ancrée dans la société qu’elle a connue toute sa vie. C’est l’approche systématique qui est nouvelle et fait froid dans le dos. 

« Avant, l’homophobie se traduisait par des incidents isolés, a déclaré Akhmad*, qui se cache aujourd’hui, à Amnesty International. Mais à présent, il n’y a plus aucun salut – il s’agit de persécution au niveau des autorités. »

Il est difficile d’imaginer la solitude que ressentent les personnes homosexuelles en Tchétchénie. Officiellement, elles n’existent même pas. Les déclarations répétées des autorités affirmant qu’il n’y a pas de gays en Tchétchénie les condamnent à une vie d’invisibilité, où leurs droits peuvent être bafoués en toute impunité. 

Peut-être encore pire, la rancœur homophobe est si profondément ancrée dans la société qu’elles doivent cacher leur identité à leur famille et leurs plus proches amis. Des crimes d’« honneur » ont encore lieu en Tchétchénie, visant à laver les taches soi-disant faites à l’honneur d’une famille, parmi lesquelles figurent les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Un homme a indiqué à Amnesty International qu’il savait qu’un homme gay avait été abattu par ses proches et n’avait pas eu droit à un enterrement :

« Pour un musulman, ne pas avoir de funérailles est particulièrement grave. C’est comme si le défunt n’avait jamais existé, comme si personne n’avait le droit de se souvenir de lui. »

Pourtant, les gays tchétchènes existent bel et bien, et ils ont désespérément besoin d’aide. 

Il est peu probable que celle-ci vienne de chez eux. Cette effroyable persécution est dirigée par Ramzan Kadyrov, l’homme le plus puissant de Tchétchénie, qui jouit d’une impunité totale pour les violations des droits humains commises  depuis des années. 

Certaines informations signalent déjà que la police tchétchène envisage de porter plainte pour diffamation contre les journalistes de Novaya Gazeta qui ont révélé l’affaire. Bien que Ramzan Kadyrov affirme être prêt à coopérer avec l’enquête, il continue de nier l’existence même des personnes qu’il persécute.

Tant que les autorités tchétchènes vivront dans leur propre version de la réalité, les gays de Tchétchénie n’auront aucun espoir de protection ni de justice dans leur région ou leur pays. Amnesty International s’est entretenue avec des témoins qui ont décrit comment des hommes soupçonnés d’être homosexuels sont humiliés publiquement lorsque les autorités viennent les chercher – ils sont emmenés de force devant leurs familles et leurs collègues, si bien qu’ils risquent des représailles même s’ils sont finalement libérés.

Avec le mélange toxique d’une société profondément conservatrice et d’un climat de peur engendré par le régime autoritaire de Ramzan Kadyrov, les représentants de l’État peuvent se comporter ainsi en plein jour sans crainte d’être amenés à rendre des comptes. 

Les tourments infligés aux hommes gays visent à les humilier ainsi qu’à leur faire du mal physiquement. D’anciens détenus ont raconté que des gardiens de prison les avaient forcés à exécuter la danse traditionnelle des femmes du pays et à prendre des noms féminins, afin de les ridiculiser pour ne pas s’être conformés aux « idéaux » homophobes et misogynes de virilité. 

Certains ont eu des électrodes attachées à leurs lobes d’oreilles, comme des boucles d’oreilles. D’autres détails, encore plus choquants, que des hommes ont révélés à Amnesty International ne peuvent pas être partagés au risque de divulguer leur identité et de compromettre leur sécurité. 

Les hommes gays ne sont pas le premier groupe de population persécuté par les autorités tchétchènes et ne seront malheureusement pas le dernier. Depuis longtemps, celles-ci contrôlent et prennent pour cible diverses catégories de personnes qu’elles considèrent comme des menaces pour la sécurité et les « valeurs traditionnelles ». 
La sexualité et les relations intimes ne sont qu’un des domaines étroitement surveillés par le gouvernement de Ramzan Kadyrov, qui ne tolère aucune forme de critique. Les défenseurs des droits humains, les professionnels des médias et les militants politiques risquent tous des menaces, des manœuvres de harcèlement, voire des violences physiques. 
Il en est de même pour les citoyens ordinaires qui osent s’opposer publiquement aux autorités. Amnesty International a relevé des cas de personnes ayant exprimé leurs opinions ouvertement qui ont disparu, puis sont réapparues quelques jours plus tard dans des vidéos diffusées sur YouTube dans lesquelles elles présentent des excuses à Ramzan Kadyrov et au peuple tchétchène. Des hommes ont été forcés à apparaître sans pantalon dans certaines de ces vidéos – les autorités tchétchènes pratiquent l’humiliation de citoyens depuis longtemps. 

Dans le même temps, la condamnation internationale de ces atrocités ne s’est pas traduite par une aide concrète aux Tchétchènes en danger et aux hommes gays terrifiés. Pour l’heure, à la connaissance d’Amnesty International, seules quelques personnes ont obtenu l’asile dans des pays sûrs. Selon l’ONG Russian LGBT Network, une quarantaine de personnes vivent actuellement dans la clandestinité en Russie et tentent à tout prix de quitter le pays.

Rester dans n’importe quelle région de la Russie est dangereux pour elles. Les anciens détenus restent à portée de main des autorités tchétchènes et il existe un risque élevé de crimes d’« honneur » – dans certains cas, des personnes LGBTI ont été suivies dans d’autres régions et attaquées par leurs proches.

Il est donc impératif que les gouvernements du monde entier ouvrent leurs portes aux hommes gays fuyant la Tchétchénie. Il est essentiel que les gouvernements qui ont à juste titre condamné ces atrocités joignent le geste à la parole en veillant à ce que les Tchétchènes qui sollicitent une protection internationale puissent accéder à des procédures d’asile équitables.

Bien entendu, il incombe avant tout aux autorités tchétchènes et russes de faire cesser ces atrocités. Elles doivent commencer par relâcher toutes les personnes détenues uniquement pour ce qu’elles sont. La pression internationale doit être maintenue jusqu’à ce que les autorités tchétchènes et russes reconnaissent cette purge et les autres crimes contre la population et prennent des mesures efficaces pour traduire en justice les responsables présumés de ces actes. 

Cependant, pour les hommes pris au piège en Tchétchénie, menacés de toutes parts, la justice ressemble à une chimère et le plus urgent pour eux est tout simplement de partir. La communauté internationale doit jouer son rôle pour assurer leur sécurité. Il ne suffit pas de manifester un intérêt de pure forme pour les droits des LGBTI quand des personnes vivent dans l’ombre de la torture et de la mort.

*Son nom a été modifié.

mercredi 31 mai 2017

Communiqué de presse Corée

AILRC-FR
24 mai 2017
Corée du Sud. Un soldat condamné dans le cadre d’une « chasse aux gays » dans l’armée

L’armée sud-coréenne doit immédiatement mettre un terme à la traque intolérante qui vise à expulser de ses rangs les homosexuels, a déclaré Amnesty International après qu’un soldat a été déclaré coupable d’avoir eu des relations sexuelles avec une personne du même sexe.

Le soldat, dont l’identité n’a pas été révélée, a été condamné à une peine de six mois de prison assortie d’un sursis d’un an par un tribunal militaire le 24 mai. Il est tombé à l’annonce du jugement et a été hospitalisé.

« Cette condamnation injuste doit être immédiatement annulée. Nul ne devrait être persécuté en raison de son orientation sexuelle, de son activité sexuelle ou de son identité de genre. Ce qui importe, ce sont les états de service de ces personnes, pas leur sexualité », a déclaré Roseann Rife, directrice chargée de la recherche pour l’Asie de l’Est au sein d’Amnesty International.

Le soldat était poursuivi au titre d’une provision du code pénal militaire sud-coréen qui interdit au personnel militaire d’avoir des relations sexuelles consenties avec une personne de même sexe. Il a été suspendu de ses fonctions et risque d’être renvoyé de l’armée.

Ce jugement laisse craindre un sort similaire pour des dizaines d’autres membres du personnel de l’armée. En avril, une ONG sud-coréenne de défense des droits humains au sein de l’armée (MHRCK) a accusé l’armée d’avoir créé de faux profils sur des applications de rencontre pour piéger des militaires et d’avoir soumis les personnes dont l’identité a ainsi été découverte à des interrogatoires homophobes.

« Le président Moon Jae-in doit faire clairement passer le message que la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ne sera pas tolérée, y compris dans l’armée », a déclaré Roseann Rife.
« Il est grand temps que la Corée du Sud abroge cette disposition archaïque et discriminatoire du Code pénal militaire et se mette à jour en ce qui concerne les droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres et intersexes. »

Complément d’information

En avril, l’ONG MHRCK a publié le résultat d’une enquête montrant que le chef d’État-major de l’armée, le général d'armée Jang Jun-kyu, a ordonné la traque et l’identification des militaires homosexuels. L’organisation a indiqué que l’armée aurait établi une « liste de gays » contenant environ 40 ou 50 noms de militaires en service.

Les personnes dont l’identité a été découverte à l’aide du coup monté par l’armée risquent des sanctions au titre de l’article 92(6) du Code pénal militaire, qui interdit aux membres de l’armée d’avoir des relations sexuelles consenties avec des personnes du même sexe.

Le service militaire est obligatoire pour tous les hommes en Corée du Sud et il est extrêmement difficile pour les hommes homosexuels de remplir leurs obligations militaires sans subir d’injures, de harcèlement ou de violences.
 
Le gouvernement ne fait preuve d’aucun empressement pour respecter et protéger les droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres et intersexes (LGBTI) dans la société en général. En 2015, à l’occasion de l’examen périodique universel de la Corée du Sud, le Comité des droits de l'homme des Nations unies a souligné que les violences et les discours de haine visant les personnes LGBTI restent monnaie courante dans le pays.

mardi 30 mai 2017

Action Urgente Bangladesh

EXTERNE                         SF 17 U 185 – ASA 13/6305/2017

AU 112/17                        Toulouse, le 29 mai 2017

BANGLADESH : 28 HOMMES SOUPÇONNÉS D’ÊTRE GAYS ONT ÉTÉ ARRÊTÉS

Les forces de sécurité d’élite bangladaises ont arrêté 28 jeunes hommes le 19 mai 2017 lors d’un événement rassemblant plus de 150 personnes et connu pour être fréquenté par des membres de la communauté LGBTI. Accusés de possession de stupéfiants, ils sont actuellement en détention et risquent d’être à nouveau victimes d’actes de torture et d’autres mauvais traitements.

Le jeudi 18 mai 2017, entre 150 et 200 hommes se sont rassemblés pour un événement régulier connu pour être fréquenté par des membres de la communauté LGBTI à Keraniganj, une ville située au sud de Dacca, la capitale. À environ deux heures du matin, des membres du Bataillon d'action rapide (RAB), une unité d’élite anticriminalité et antiterroriste de la police bangladaise, ont effectué une descente dans le centre communautaire où avait lieu l’événement. Des organisations de défense des droits humains ont accusé le RAB d’être responsable de plusieurs violations des droits humains, notamment des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et des disparitions forcées.
Amnesty International a entendu de plusieurs sources que des membres du RAB ont agressé physiquement et verbalement beaucoup des hommes qui étaient présents et les ont forcés à se placer en ligne les uns à côté des autres. Ils les ont ensuite « inspectés » et ont arrêté ceux qu’ils soupçonnaient d’être homosexuels, en se basant sur leurs vêtements et leur gestuelle. Au moins 28 personnes ont été arrêtées, dont le propriétaire du centre communautaire ; les autres ont été autorisées à partir.

D’après des informations des médias, Jahangir Hossain Matuboor, le dirigeant du RAB, a déclaré que le RAB avait effectué une descente dans le centre communautaire à la suite de plaintes des habitants du quartier. Il a déclaré que des préservatifs et des stupéfiants avaient été trouvés sur les lieux, et qu’après avoir été arrêtés, ces hommes avaient tous admis pratiquer des « activités homosexuelles ».

Ces hommes ont ensuite été emmenés au poste de police de Keraniganj, où ils ont été inculpés de possession de stupéfiants au titre de la Loi de 1990 sur le contrôle des stupéfiants, une infraction passible d’une peine d’emprisonnement à perpétuité ou de la peine de mort. Le 19 mai 2017, un tribunal de Dacca a refusé la libération sous caution des 28 hommes arrêtés et a placé quatre d’entre eux en garde à vue. Au Bangladesh, la torture et les autres mauvais traitements sont courants en détention, et Amnesty International s’inquiète du bien-être des personnes arrêtées.

Pour en savoir plus et pour agir, cliquez ici

mercredi 24 mai 2017

Déclaration publique Indonésie

AMNESTY INTERNATIONAL
DÉCLARATION PUBLIQUE

Index AI : ASA 21/6279/2017
AILRC-FR
17 mai 2017
Indonésie. Il faut annuler la déclaration de culpabilité et la condamnation à la fustigation de deux hommes gays en Aceh
 
Amnesty International engage les autorités de l’Aceh à annuler immédiatement la déclaration de culpabilité et la condamnation à 85 coups de canne de deux hommes gays pour relations sexuelles consenties entre personnes du même sexe (liwath) par le tribunal de la charia. C’est la première fois que des condamnations sont prononcées pour ce type de relations, érigées en infraction dans le Code pénal de l’Aceh (Qanun Jinayat), entré en vigueur en octobre 2015.
 
Les deux hommes ont été victimes d’une embuscade de leurs voisins qui ont fait irruption chez eux, les ont filmés et les ont livrés à la police de la charia de la province de l’Aceh. Celle-ci a immédiatement procédé à leur arrestation et à leur placement en détention. Amnesty International demande à la police d’ouvrir une enquête sur les actes commis à l’encontre des deux hommes par des citoyens organisés en milices.
 
Le 17 mai 2017, le tribunal de la charia de Banda Aceh a condamné les deux hommes à 85 coups de canne chacun pour relations sexuelles entre personnes du même sexe (liwath). Bien qu’ils puissent encore faire appel de la décision auprès de la haute cour de Banda Aceh, le procureur a annoncé qu’ils seraient fustigés avant le ramadan, mois de jeûne observé par les musulmans, qui doit commencer le 26 mai.
 
Au regard du droit international relatif aux droits humains, le recours à la fustigation constitue un traitement cruel, inhumain et dégradant et peut s’apparenter à un acte de torture. Les personnes à qui elle est infligée éprouvent de la douleur et de la crainte, elles se sentent humiliées, et cette pratique peut engendrer des séquelles à long terme, voire permanentes. Le droit de ne pas être soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants est garanti par la Constitution indonésienne (article 28G) et par la loi n° 39/1999 relative aux droits humains (article 33). Toutes les formes de châtiments corporels bafouent la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), textes ratifiés par l’Indonésie en 1998 et 2006 respectivement.
 
En 2008, le Comité contre la torture, organe composé d’experts qui veille au respect de la Convention contre la torture par les États parties, avait exhorté l’Indonésie à réexaminer tout son arsenal législatif national et local autorisant le recours aux châtiments corporels comme sanctions pénales, en vue de leur abolition immédiate. En 2013, le Comité des droits de l’homme, investi des mêmes fonctions que le Comité contre la torture pour le PIDCP, a engagé l’Indonésie à prendre des mesures concrètes afin de mettre un terme aux châtiments corporels et d’abroger les dispositions de la législation de l’Aceh autorisant le recours à ces châtiments.
 
En outre, les lois érigeant en infraction les relations sexuelles librement consenties sont contraires au droit international relatif aux droits humains et aux normes en la matière. Le Comité des droits de l’homme et d’autres organes des Nations unies chargés des droits humains ont exprimé leur inquiétude quant aux lois criminalisant l’« adultère » ou d’autres relations sexuelles entre personnes consentantes en dehors du mariage, car elles constituent une violation du droit au respect de la vie privée et du droit de ne pas subir de discrimination, entre autres droits, ajoutant que ces lois devaient être abrogées.
 
Les dispositions en ce sens du Code pénal islamique de l’Aceh sont également contraires à l’accord signé en 2005 à Helsinki pour mettre fin au conflit dans la province, qui prévoit que le droit de l’Aceh sera fondé sur les « principes universaux des droits humains tels qu’énoncés dans le PIDCP des Nations unies » (article 1.4.2).
 
Complément d’information
 
Adopté par le Parlement de l’Aceh en 2014, le Code pénal islamique de l’Aceh est entré en vigueur dans toute la province le 23 octobre 2015. Des règlements régissant l’application de la charia sont en vigueur en Aceh depuis l’adoption de la Loi spéciale relative à l’autonomie en 2001 et sont appliqués par des tribunaux islamiques. Ces textes ont allongé la liste d’infractions passibles de fustigation et prévoient dans certains cas jusqu’à 200 coups de canne à titre de sanction. Parmi les « infractions » concernées figurent les relations intimes ou sexuelles librement consenties entre adultes non mariés, les relations sexuelles hors mariage, les relations sexuelles entre personnes du même sexe, la consommation et la vente d’alcool et les jeux d’argent. Le Code pénal de l’Aceh s’applique tant aux musulmans qu’aux non-musulmans. Certains actes qui y sont érigés en infraction ne le sont pas dans le Code pénal indonésien. Au titre du droit international relatif aux droits humains, toutes les formes de châtiments corporels sont interdites ; elles constituent une peine cruelle, inhumaine ou dégradante, voire bien souvent de la torture.
 
Les séances de fustigation se déroulent régulièrement dans des lieux publics et attirent les foules, si bien que des gens prennent des photos et des vidéos qui peuvent accroître encore l’humiliation et la souffrance à long terme des personnes soumises à ce châtiment cruel, douloureux et dégradant.
 
Au moins 108 personnes ont été fustigées en Aceh en 2015, et au moins 100 en 2016. Des personnes non musulmanes ont été sanctionnées au titre de cette loi pour la première fois en avril 2016, lorsqu’une femme chrétienne a reçu 28 coups de badine pour avoir vendu de l’alcool.

Document public
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Pour plus d’informations, veuillez prendre contact avec le Service de presse d’Amnesty International, à Londres, au Royaume-Uni ; tél. : +44 20 7413 5566 ; courriel : press@amnesty.org ; Twitter : @amnestypress.

Secrétariat international, Amnesty International, 1 Easton St., Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.

Réaction-Indonésie

AMNESTY INTERNATIONAL

RÉACTION
 
AILRC-FR
22 mai 2017

Indonésie. Le gouvernement se sert de la loi sur la pornographie pour cibler la communauté LGBTI

En réaction à l'information selon laquelle 141 hommes à Djakarta, en Indonésie, ont été arrêtés après avoir participé à ce que la police a décrit comme une « fête homosexuelle », Josef Benedict, directeur adjoint des campagnes à Amnesty International, a déclaré :
 
« Ces arrestations prouvent une nouvelle fois que le climat est de plus en plus hostile à la communauté des lesbiennes, gays et personnes bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI) en Indonésie. Cette situation est nourrie depuis un an par toute une série de déclarations hasardeuses, incendiaires et inexactes, que l'on doit à des représentants de l’État qui invoquent comme prétexte la " défense de la moralité publique ".
 
« À l'exception de la province d'Aceh, il n'existe aucune loi contre les relations entre personnes de même sexe en Indonésie. Des lois formulées en termes ambigus sur la pornographie sont exploitées pour s’en prendre délibérément aux personnes LGBTI, les privant du droit fondamental à la vie privée et du droit d’avoir des relations sexuelles consenties.
 
« Le gouvernement indonésien doit abandonner les charges absurdes portées à l’encontre des personnes arrêtées lors de cette fête et réviser les lois sur la pornographie afin qu'elles ne puissent pas être détournées de cette façon. Au lieu de propager une rhétorique homophobe, les autorités devraient s'efforcer de créer un environnement plus sûr et ouvert pour la communauté LGBTI, et ce de manière durable. »

lundi 22 mai 2017

Réaction- Indonésie

AMNESTY INTERNATIONAL
RÉACTION
AILRC-FR
17 mai 2017

Indonésie. Annulez la condamnation à la fustigation de deux hommes gays en Aceh
 
En réaction à la condamnation de deux hommes gays à 85 coups de bâton chacun pour avoir eu des relations sexuelles consenties entre personnes du même sexe, Josef Benedict, directeur adjoint pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International, a déclaré :
 
« Les autorités de l’Aceh doivent immédiatement annuler la déclaration de culpabilité et les condamnations à la fustigation de ces hommes et cesser d’avoir recours à ce châtiment qui constitue une peine cruelle, inhumaine et dégradante et qui peut s’apparenter à de la torture. Ces hommes ont été victimes d’une embuscade de leurs voisins qui ont fait irruption chez eux, les ont filmés et les ont livrés à la police de la charia. Tous les êtres humains ont le droit à la vie privée, le droit d’avoir des relations sexuelles consenties et le droit à une protection physique. »
 
Complément d’information
 
Au moins 108 personnes ont été fustigées en Aceh en 2015, et au moins 100 en 2016. La loi a été appliquée à des personnes non musulmanes pour la première fois en avril 2016, lorsqu’une femme chrétienne a reçu 28 coups de badine pour avoir vendu de l’alcool.

Adopté par le Parlement de l’Aceh en 2014, le Code pénal islamique de l’Aceh est entré en vigueur dans toute la province le 23 octobre 2015. Des règlements régissant l’application de la charia sont en vigueur en Aceh depuis l’adoption de la Loi spéciale relative à l’autonomie en 2001 et sont appliqués par des tribunaux islamiques. Dans certains cas, la législation prévoit une peine pouvant aller jusqu’à 200 coups de bâton. Parmi les « infractions » concernées figurent les relations intimes ou sexuelles librement consenties entre adultes non mariés, les relations sexuelles hors mariage, les relations sexuelles entre personnes du même sexe, la consommation et la vente d’alcool et les jeux d’argent. Au titre du droit international relatif aux droits humains, toutes les formes de châtiments corporels sont interdites et représentent une peine cruelle, inhumaine ou dégradante.  

Des séances de fustigation se déroulent régulièrement dans des lieux publics et attirent les foules, si bien que des gens prennent des photos et des vidéos, ce qui peut accroître encore l’humiliation et la souffrance à long terme des personnes soumises à ce châtiment cruel.