lundi 21 mai 2012

Virulentes attaques homophobes dans le Caucase



A group of Orthodox Christians clashed with a peaceful march by LGBTI activists in Tbilisi, Georgia.

Des attaques homophobes « virulentes » mettent en danger les activistes LGBTI du Caucase Méridional
L'Arménie, la Géorgie et l'Azerbaïdjan doivent faire plus pour protéger les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transidentitaires et intersexuelles (LGBTI), a dit Amnesty International après une série d'attaques contre des activistes.

Au lieu de condamner l'attaque faite avec des cocktails Molotov récemment contre une bar gay d'Erevan, capital d'Arménie, les autorités ont proféré des déclarations homophobes et ont justifié la violence contre les personnes LGBTI.

Entretemps, dans la Géorgie voisine, la police du capital, Tbilissi, a peu fait pour éviter qu'un groupe chrétien orthodoxe ne fasse barrière à une marche pacifique organisée par une organisation LGBTI à l’occasion de la journée International contre l’homophobie et la transphobie.

« La virulence de ces attaques récentes démontre la nécessité de créer un dialogue public pour aborder le problème de l’homophobie dans tout le Caucase et pour protéger les personnes LGBTI de la discrimination », a dit John Dalhuisen, directeur du Programme Régional pour l'Europe et l'Asie Centrale d'Amnesty International.
Attaque avec des cocktails Molotov à Erevan
Le 8 mai, un caméscope de la Sécurité a capté des images de deux personnes, qui s’identifiaient comme « fascistes », pendant qu'elles jetaient des cocktails Molotov par les fenêtres d'un bar gay du centre d'Erevan. Selon les rapports, la police est arrivée sur le lieu 12 heures plus tard pour faire des recherches sur cette « attaque incendiaire ».

Pendant cette recherche deux jeunes ont été arrêtés, libérés peu après, suite au paiement d’une caution aux de deux agresseurs, parlementaires de la Fédération Arménienne Révolutionnaire (Dashnaktsutyun), parti nationaliste d'opposition. Les parlementaires ont justifié l'attaque en affirmant qu'il entrait dans le cadre « du contexte de l'idéologie sociétale et nationale ».

Les dirigeants de la Fédération Arménienne Révolutionnaire se sont distanciés des interventions des deux parlementaires en affirmant qu'ils avaient agi à titre personnel, mais n'ont pas publiquement demandé à ses deux membres de s’excuser d’avoir soutenu ce présumé crime de haine.

Eduard Sharmazanov, porte-parole du parti gouvernant (Parti Républicain), et vice-président du Parlement, a déclaré jeudi à la revue Hayots Ashkharh : « Comme citoyen arménien et membre du parti nationaliste-conservateur [dans le gouvernement], je considère la rébellion des deux jeunes arméniens contre les homosexuels [...] complètement correcte et justifiée [...] A ces défenseurs des droits de l'homme qui essaient de profiter de cet incident, je leur demanderait de protéger avant tout et au-dessus de tout les valeurs nationales et universelles ».

Amnesty International considère que ce type de discours officiel est dangereux ; il exacerbe la discrimination et subverti la fonction de les défenseurs des droits de l'homme.

« La réponse officielle devant l'attaque avec des bombes incendiaires à Erevan est absolument scandaleuse : protéger les droits des personnes LGBTI n'est pas une concession, mais une obligation qu'a contracté l'Arménie en vertu du droit international », a dit Dalhuisen.
Homophobie et transphobie à Tbilissi
Une marche pacifique qui se tenait dans centre de Tbilissi à l’occasion de la journée Internationale contre l’homophobie et la transphobie a été attaquée par un groupe chrétiens orthodoxes et membres « de l'Union de Pères Orthodoxes ».ils ont commencé à insulter et à menacer les membres de IDENTOBA, organisation géorgienne de défense des droits des personnes LGBTI.

Donnant des coups de poing aux manifestants pacifiques et en hurlant des insultes, le groupe de contre-manifestants, parmi lesquels il y avait des prêtres orthodoxes a empêché la marche d’arriver au siège du Parlement de la Géorgie,. Selon des rapports, des confrontations ont eu lieu lorsque les contre-manifestants ont attaqué les marcheurs en cassant ses pancartes.

Dans un enregistrement vidéo de l'incident on voit comment la police s’est intervenu au moment où s’est entamée une confrontation entre les deux groupes. Cinq personnes ont été arrêtées - trois d'entre elles membres d'IDENTOBA. Ces personnes ont été libérées ensuite.

« Un signal d'une société tolérante est de permettre que soient menés à bien des protestations pacifiques et d’empêcher la discrimination », a dit Dalhuisen.

Les autorités doivent respecter la liberté d'expression de tous les groupes sans discrimination. Ceci inclut la protection des manifestations pacifiques des attaques violentes.

La police de Tbilissi n'a pas empêché que la violence homophobe et transphobe ternisse la marche de la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie . Celle-ci doit maintenant faire des recherches pour trouver où est la faute ainsi que d’appliquer des mesures pour améliorer le fonctionnement de la police lors des manifestations pacifiques dans le futur », a ajouté Dalhuisen.

Motifs de préoccupation à Bakou o la veille de l'Eurovisión
Des groupes de personnes LGBTI dans le voisinage d’ Azerbaïdjan, autre pays du Caucase du Sud, ont aussi exprimé sa préoccupation pour la sécurité de le participants LGBTI pendant le prochain festival de la chanson de Eurovisión, qui aura lieu dans la capital du pays, Bakou, de du 22 à au 26 de mai.

Depuis 2001, les relations entre des personnes du même sexe ne sont pas pénalisées en Azerbaïdjan, mais jusqu'à présent ce pays n’a pas  promulgué des  lois qui interdisent spécifiquement la discrimination pour motifs d’orientation sexuelle ou identité de genre. Il n’offre pas une vraie protection aux personnes LGBTI. Il y continue à régner l’homophobie et la transphobie et on a fait peu d'avances pour changer les attitudes de le opinion publique et les pratiques discriminatoires contre les personnes LGBTI  .

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