vendredi 2 août 2013

Amnesty soutient la Baltic Pride à Vilnius




Baltic Pride, Vilnius, 27 juillet 2013
Samedi 27, après le traditionnel briefing de sécurité, les 32 délégués d’Amnesty, représentant 14 sections, ont été emmenés en car jusqu’au lieu de départ de la marche.
6 d’entre eux ont effectué la marche en tête, au milieu et en fin du défilé afin d’assurer la sécurité sur la marche, deux autres étaient chargés de prendre des photos et de coordonner les relations presse, les autres militants ont pris place sur un char de la Lithuanian Gay League (genre petit bus touristique) qu’ils ont décoré de banderoles et de ballons.
Avant le départ, des policiers étaient placés sur la chaussée, le long des trottoirs, afin de laisser la chaussée libre et de maintenir le public sur les trottoirs. Dans les camionnettes de police, nous avons aperçu des policiers portant des vêtements anti-émeutes, y compris un masque sur le visage.  
La marche a commencé à 13 h, le trajet était assez bref (800 m), en tête marchaient les VIP, dont l’ambassadeur des Pays-Bas, le char d’AI était situé après.

Tout au long du parcours, nous avons vu à la fois des personnes souriantes, qui nous encourageaient, applaudissaient et d’autres qui nous adressaient des doigts d’honneur.
Ce qui était frappant, c’était de voir ces « pour » et ces «  contre » très proches physiquement, sur le même trottoir. Au cours de la marche, Helle Jacobsen, responsable de la sécurité, a reçu des œufs frais. Vers la fin de la marche, lorsque nous descendions du bus, nous avons vu des opposants entrer dans le parc, censé être entouré par les policiers et où devait s’achever le parcours. Lors de notre debriefing de sécurité, la plupart des membres d’Amnesty ont dit avoir ressenti une certaine tension à la vue des opposants et en raison de la confusion qui régnait à ce moment-là. Nous nous sommes alors tous regroupés en attendant que les policiers arrivent en nombre et écartent les opposants.

Lorsque les prises de parole ont commencé sur le podium, les contre-manifestants tentaient de les couvrir en criant des slogans, avec des cornes de brume (genre matchs de foot) et mégaphones. Certains avaient des pancartes plus qu’explicites (« Sodomites, en enfer » ou bien encore des dessins visant précisément les gays). Les effectifs de police se sont renforcés et la police montée a fait reculer les contre-manifestants d’une bonne centaine de mètres afin de créer un cordon de sécurité. Nous avons vu plusieurs pancartes de contre-manifestants représentant un coq (nous n’avons pas eu d’explication sur ce qu’il était censé représenter) et dans le parc, un homme est venu tenant en laisse une chèvre : il nous a été dit qu’il la présentait comme sa petite amie. Il a été arrêté par la suite.

Parmi les prises de parole : des députés européens, la représentante de l’Ilga, Nicolas Beger, du Bureau européen d’AI, et Stuart Milk (qui était déjà présent à Budapest en 2011). Ce qui nous a le plus surpris était sans doute la proximité de certains opposants par rapport aux militants LGBT. En effet, certains d’entre eux, qui n’avaient ni pancartes, ni mégaphone, circulaient parmi les manifestants afin de prendre des photos d’eux (ce qui nous laisse imaginer de potentielles représailles vis-à-vis des militants LGBT locaux).

Après avoir retiré nos TS AI, nous avons quitté le parc par une sortie près du podium et sommes montés dans le car qui nous a ramenés à l’hôtel. Les responsables amnestiens ont proposé à quelques responsables d’associations et à Stuart Milk de rentrer en car avec nous, pressentant des violences à leur encontre à la fin de la pride.
Nous avons appris le soir même qu’il y avait eu 28 arrestations. La présence des délégués d’Amnesty est toujours appréciée des militants locaux. Nous avons pu voir en ville sur les abribus les affiches, co-réalisées par la LGL, l’Institut français et AI, qui avaient été placées quelque temps avant la marche.

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